contact@admftm.com

  • Français
  • Español
  • English
  • Русский

La médecine peut-elle être un bien marchand ?

La France reste à ce jour l’un des seuls fiefs où du fait de son système de soins avantageux pour sa population (une médecine gratuite), la médecine a su garder une dimension sociale forte qui lui permet de conserver sa qualité et son intégrité, qui est de soigner des êtres humains plutôt que des clients. De cette caractéristique la population française est fière de sa médecine pour sa qualité et son sociale qui lui permet d’être une médecine à l’écoute des patients et non une vitrine de vente de prestations médicales.

 

 

Dans de nombreux autres pays du monde, pour lesquels la médecine est un service marchand avant tout, on voit apparaître de mauvaises pratiques qui peuvent nuire gravement aux patients et qui nuisent avant tout à la qualité du système de soins entier. Ces mauvaises pratiques sont caractérisées par:

 

  • une surfacturation d’examens non nécessaires au patient,
  • d’interventions chirurgicales quand il n’y en a aucunement besoins,
  • de traitements lourds inutiles…

 

Autant de pratiques qui sont coûteuses et inutiles pour les patients, mais qui peuvent se révéler dangereuses, car l’essentiel (c’est-à-dire le bien-être du patient) n’est pas pris en compte.

Cependant pour la France, s’ouvrir aux patients étrangers se révèle souvent plus compliqué. En effet, la France qui a une vision sociale des soins se retrouve sur un marché concurrentiel, avec des concurrents qui ont des années d’expérience dans la vente de soins. Quand nous nous révélons incapables de fournir des devis rapidement du fait d’un manque d’information ou d’une volonté des médecins de voir les patients en premier lieu, des pays comme l’Allemagne vous font un devis qui comprend tout (soins éventuels, examens supplémentaires, chambre, taxis, interprète…) en moins de 24H ! Comment rentrer dans ce consumérisme médical sans nuire à notre modèle social ?

Le patient étranger se révèle être différent d’un patient français, pour bien des raisons. Ces patients qui sont vulnérables ont l’habitude des coûts exorbitants, de mauvaises pratiques médicales et ils viennent dans un pays étranger pour accroître leur satisfaction médicale. Il est donc normal d’avoir de l’empathie pour eux et de fournir les informations nécessaires à savoir :

 

  • Fournir un tarif à l’avance (il est normal que le patient étranger veuille savoir combien il va payer pour ses soins, vu que c’est lui qui paye).
  • Le patient étranger contacte toujours d’autres établissements, il a besoin d’être considéré et va donc privilégier les établissements qui répondront vite, avec un tarif cohérent et une information détaillée sur la procédure, l’établissement et le médecin. Le fait d’envoyer un devis ne signifie pas que le patient va venir surtout s’il a eu un meilleur service ailleurs.
  • Le patient étranger est exigeant et en se mettant à sa place il y a de quoi ! Il a un besoin d’information important pour le rassurer, du fait qu’il paye il veut pouvoir avoir un niveau de satisfaction important pour tous les services.

La typologie du patient étranger ne doit pas faire peur, les différents acteurs, néanmoins un centre de soins doit être préparé à répondre à ce type de demande et pour se faire il doit embaucher une personne qui s’occupe de la dimension internationale et collaborer avec des sociétés intermédiaires qui connaissent généralement mieux ce type de patient et le marché que les établissements eux-mêmes.

En effet, pour se développer à l’international il faut avoir un service marketing et commercial qui répond à toutes les questions des patients, qui présentent l’offre de soins de manière à répondre aux attentes et besoins de ces patients étrangers. Ainsi, avoir une dimension commerciale des soins est très important si nous souhaitons rentrer sur ce marché, car on traite avec des patients certes, mais qui sont avant tout consommateurs.

Il est donc important d’être mobilisé, avec les différents acteurs afin de répondre au mieux à la demande de ce marché. De plus, avoir une vision plus commerciale envers ce type de patients ne doit pas trahir vos convictions humaines et sociales que représente la médecine française. Au contraire, ce marché reste avant tout une ouverture d’esprit et d’échange qui nous permet de pouvoir s’adapter à d’autres cultures tout en apprenant de nouvelles méthodes de travail. Enfin, ce marché pourrait bien enlever l’épée de Damoclès qui se trouve au-dessus de notre système social.

Poster le commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *